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Bilans et compte de résultats - Comment interpréter ces deux éléments?

  • 25/02/2020
  • Sandrine Drisket - Comptable / Cédric Vanopdenbosch - Expert-comptable et Conseil fiscal / Fiducial Expertise

A.    Le bilan

Le bilan comptable est un document qui synthétise à un moment donné ce que l'entreprise possède (en d’autres termes "l’actif") et ses ressources (à savoir "le passif").
Celui-ci représente donc le patrimoine de l’entreprise et constitue une photographie de l’entreprise employant ses ressources au financement de ses biens nécessaires à la pérennité de son activité.

De quoi est constitué l’actif ?

   •    Des actifs immobilisés : il s’agit des biens acquis pour être utilisés de façon durable (constructions, matériels, fonds de commerce, licences, logiciels…). Ils sont plus communément appelés biens d’investissements

NB : les biens pris en location ne font pas partie de l’actif car la société n’en est pas propriétaire.

•    Des actifs circulants : il s’agit des emplois destinés à être utilisés à court-terme par l’entreprise, tels que les stocks, les créances, la trésorerie.

De quoi est constitué le passif ?

   •    Des Capitaux Propres qui correspondent aux fonds que les investisseurs, associés ou actionnaires laissent à disposition de l’entreprise. Ainsi, se retrouvent notamment sous cette rubrique : le capital de la société, les réserves constituées et le bénéfice reporté.
   •    Des Dettes Financières, à savoir les sommes dues aux organismes de crédit qui participent au financement des activités de l’entreprise
   •    Des Dettes d’Exploitation correspondant aux dettes que l’entreprise a à l’égard  des fournisseurs, du personnel mais également vis-à-vis de l’État, et des organismes sociaux.

NB : Ces dettes sont regroupées en fonction de leur échéance, en deux catégories, avec celles échéant dans l’année d’une part, et celles à plus d’un an d’autre part.

Comment évaluer la qualité de son bilan ?

Il faut s’assurer en permanence que l’ensemble des ressources de l’entreprise soit employé au mieux en respectant ces deux consignes :

  •     un bien acquis de façon durable et sûre (ex : bâtiment) doit idéalement être financé par des ressources dites à long terme (ex : emprunts).
   •    un bien lié au cycle d’exploitation (ex : stock) doit être en principe financé par des ressources dites à court terme (ex : crédit fournisseur).

Dans la pratique, on trouve très rarement cet équilibre parfait et on constate des situations très différentes pouvant être analysées comme suit :

1)    Les ressources à plus d’un an sont supérieures aux biens durables, dont la durée d’utilisation est supérieure à un an (situation favorable)

L'activité est correctement financée. La situation bilantielle est, a priori, saine et confortable. 

    A l’inverse :

2)    Les ressources à plus d’un an sont inférieures aux biens durables à financer (situation défavorable) 

L’activité n’a pas été financée de façon correcte (au niveau du montant et/ou de la durée). En d’autres termes, il va par exemple falloir céder des biens durables et parfois essentiels s’il n’est pas possible de prolonger la durée des financements reçus.    

3)    Les ressources émanant de l’exploitation excèdent les emplois (situation favorable)

Cette situation est courante pour les entreprises de la grande distribution. En effet, les ventes effectuées font l’objet d’un encaissement immédiat alors que les achats de marchandises sont payés endéans un délai plus long. 

4)    Les emplois liés au cycle d'exploitation sont supérieurs aux ressources (situation défavorable)

Il existe un besoin de financement, aussi appelé besoin en fonds de roulement  (BFR). 
Cela peut résulter d’un stock anormalement élevé par rapport aux dettes     fournisseur.  Cette situation laisse présager un risque soit sur l’inventaire     physique (vols, casse, …), soit sur la gestion de la rotation des stocks, soit sur la négociation des délais de règlement des factures fournisseurs.

B.    le compte de résultat

Tandis que le bilan est une photographie de l’entreprise à un moment précis de la vie de l’entreprise, le compte de résultat est quant à lui une représentation de l’activité pendant une période déterminée, généralement 12 mois correspondant à un exercice comptable. 

Il est conseillé d'utiliser la présentation du résultat sous forme de soldes intermédiaires de gestion. Ceux-ci représentent les différentes étapes de la formation du résultat en mettant en évidence :

        ⬇️ Marge brute
        ⬇️ Valeur ajoutée
        ⬇️ Excédent brut d’exploitation
        ⬇️ Résultat net

1)    Marge brute

Elle correspond à la différence entre le prix de vente des marchandises vendues et leur coût d’achat. Ainsi, la marge brute mesure la marge dégagée par l'entreprise sur le coût d'achat des marchandises vendues.

2)    Valeur ajoutée

Elle est calculée en déduisant du total des deux points précédents, tous les services et biens facturés à l’entreprise (loyers, assurances, honoraires, entretien, publicité, …).

3)    Marge brute d’exploitation

Elle est déterminée en déduisant du point précédent la rémunération (salaires, charges sociales et autres frais de personnel), les amortissements et les provisions.
L’excédent brut d’exploitation  est donc la véritable richesse générée par l’entreprise.

4)    Résultat net

Il est déterminé après l’impact de tous les autres produits et charges, tels que notamment les frais financiers, les produits financiers et les impôts.

C.     Mon résultat ne devrait-il donc pas être égal à ma trésorerie ?

Si toutes les opérations transcrites dans le compte de résultats de l’entreprise étaient réalisées « au grand comptant », le résultat net aurait un impact immédiat en trésorerie. Dans la pratique cependant, la réalité est bien différente…

Tout d’abord, certaines opérations reprises au compte de résultats n’ont pas d’incidence en termes de flux financier. Ainsi, les amortissements (qui correspondent à la comptabilisation de l’usure de certains biens de l’entreprise) n’entraînent pas de décaissement. On parle de charges non décaissables.

NB : la capacité de remboursement d’une entreprise sera déterminée par le cashflow (résultat net + charges non décaissables).

D’autre part, certains événements impactant le compte de résultat n’ont pas pour autant d’incidence en trésorerie.
Ce sera le cas lorsqu’une entreprise facturera des ventes mais ne les encaissera pas immédiatement. Elle aura certes un bénéfice comptable mais ceci ne générera pas forcément d’entrée de trésorerie (l’argent restant chez ses clients).

Au vu de la complexité de cette analyse, n’hésitez pas à demander de l’aide à votre expert-comptable. Celui-ci vous aidera à déterminer votre « Net Disponible ».

Ce calcul vous permettra de mieux évaluer le niveau de prélèvement personnel que vous pourriez faire tous les mois (sans bien entendu mettre en péril votre structure en fin d’année).

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